Concertclassic.com

Concertclassic, ar Michel Roubinet

Le lendemain, le concert du milieu d’après-midi s’invitait en un lieu également nouveau, non loin de Saint-Omer : Houlle et sa charmante église, dotée d’un petit orgue du XIXe siècle renfermant des tuyaux sans doute du siècle précédent. Délicieux moment musical réunissant (photo) Guillaume Rebinguet-Sudre au violon et Jean-Luc Ho à l’orgue (photo) : trois petites pages de J.S. Bach montrant que l’instrument aurait pu sans difficulté en supporter davantage !, puis au clavecin : flamboyante Toccata manualiter en sol mineur BuxWV 163 de Buxtehude, que l’on entend le plus souvent à l’orgue. Trois sonates pour violon et clavier constituaient le fil rouge du programme : Vivaldi, Albinoni et Bach. L’intimité du lieu renforçait d’autant la noble et lyrique présence de ces musiques aussi parfaitement accessibles qu’exigeantes, la souple musicalité des interprètes leur conférant à Houlle un charme inépuisable.

Les mêmes remontèrent le temps lors du concert suivant, à Nielles-lès-Ardres, l’un des principaux repères du Festival depuis la restauration et l’achèvement de l’orgue franco-flamand (buffet de 1696) de l’église Saint-Pierre : Flandres au XVIIe, carrefour des musiques d’Europe. Soit un programme Sweelinck, Pablo Bruna (fameux Tiento sobre la letanía de la Virgen) et Cabanilles (les Flandres espagnoles ne furent pas, culturellement, un vain mot !), par un Jean-Luc Ho claviériste de haut vol, libre dans sa prise de clavier et la conduite des textes. Les pièces pour violon et clavecin permirent de rappeler l’influence italienne jusqu’en Flandres : Dario Castello (Venise, v.1590-v.1630), puis l’épanouissement du violon en terre d’empire : Johann Schop (v.1590-v.1667) et Johann Heinrich Schmelzer (v.1620-1680). Est-ce la taille, modeste, de la nef et de l’orgue ? La proximité de jeu des instruments, comme à Houlle, offrit au public la merveilleuse possibilité de s’immerger dans les timbres, savoureux, et les formes. Pure séduction.